Quelle ne fût pas notre surprise d'entendre au journal télévisé de TF1 avec un ton mélodramatique (à réserver aux annonces de milliers de morts) que l'industrie du disque allait mal à cause du téléchargement sur Internet !
Selon le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) le chiffre d'affaires de l'industrie musicale a chuté de plus de 21% sur le premier trimestre 2004 en comparaison avec l'année précédente. Les ventes de singles ont quant à elles baissé de 26% contre 20,9% pour les albums. Un rapport bien étrange alors que le Conseillé FNAC annonce "Les médias nous chantent tous le même refrain : le disque ne tourne pas rond. Faux! La consommation de musique n'a pratiquement jamais été aussi forte. Même si elles ont diminué en 2003, les ventes de disque restent exceptionnelles : dans toute l'histoire du disque, il n'y a que trois années où les Français ont été plus gourmands de musique".
Selon l'industrie du disque, tous les internautes sont des coupables potentiels et il est à présent temps de mettre un dernier avertissement avant de procéder à des poursuites massives.
Mais où allons-nous ? Ce n'est un secret pour personne, l'industrie n'est pas au mieux de sa forme dans de nombreux domaines. Les constructeurs automobiles se serrent la ceinture, des grosses entreprises restructurent, certains sociétés délocalisent, etc. Mais dans ce paysage morose, l'industrie du disque devrait seule passer comme une fleure au travers d'une crise ? Un peu de sérieux ! Les majors de l'industrie du disque ont de trop bonnes relations avec le gouvernement (époux, épouse, amis et autres) qui leur permettent de tirer la couverture dans leur sens. Encore heureux que l'épouse d'un PDG de l'automobile ne soit pas dans le gouvernement ! Une taxe pour composer les pertes de son groupe serrait probablement mise en oeuvre sur les voitures d'occasion qui tuent le marché du neuf...
Si l'industrie du disque va si mal, ne faut-il pas également chercher au niveau de la production (remarquer qu'on ne parle pas de "chanteur") ? Pour faire bref et hyper direct, qui a envie d'écouter la merde qu'ils nous servent avec leur pitoyable "Tart'Ac" ? Plus encore, qui a envie de perdre de l'argent dans une compile de leur compilation pleine de reprises toutes plus lamentables les unes que les autres ? Le disque est devenu une industrie et le chanteur un laquet. Quand à la fin d'une publicité, ils nous servent "Jean Edourd, un artiste TrucmuchMisic", impossible de ne pas penser à la Mégane de Renault ou à la 407 de Peugeot. Quand le modèle ne plaira et ne rapportera plus, il sera remplacé.
Il serait idiot de croire que le P2P ne fait pas un peu de trot à cette industrie. Mais il est tout aussi stupide de croire qu'une industrie peut traverser ''toutes les crises'' sans voir son chiffre d'affaire reculer. Nous plongeons simplement dans le surréalisme à partir du moment où une industrie se lance dans une chasse aux sorcières au lieu de faire le bilan sur sa production. Les pauvres majors aux salaires mirobolants risquent de gagner moins, c'est un scandale ! Mais que des évènements comme le festival de Théâtre d'Avignon s'écroulent ne gène personne. Suis-je bête, il n'y a pas les mêmes enjeux...
Ca marche aussi avec les TGV : l'industrie ferroviaire se porte mieux depuis que les gens ont arrêté de télécharger des trains :)<br /><br />(lu sur un forum de 01net)