Les aventures bloutchées du capitaine Golbert (partie 2)

Golbert songeait à la situation devenu subitement plus favorable et échafaudait ses plans, quand intervint encore une fois la voix chevrotante du pirate, d'ailleurs Golbert se demandait si elle venait vraiment de la qualité de la transmission, mais l'annonce du chef des pirates ne lui laissa pas le plaisir de s'attarder sur ce détail : « Vous ne nous échapperez pas et vous paierez la mort de nos deux camarades ! J'opère une manœuvre d'encerclement ! Vous ne pourrez plus fuir, préparez-vous à l'abordage ! ».
« Ce pirate est vraiment fourbe. » songea Golbert capitaine du Gros Albert et l'effet escompté ne tarda pas à se réaliser quand il constata l'aspect blême des membres d'équipage, qui du coup avaient abandonné leurs occupations quasi-inutiles aux ordinateurs. Cette manœuvre d'encerclement devenait très dangereuse pour la survie du vaisseau et de son équipage, Golbert senti pour la première fois de la sueur perler sur son front, cette bande d'incapable vu son étonnante dextérité ne manquerait pas de percuter, avec au moins l'un de ses chasseurs, le Gros Albert.
C'est en cet instant si dramatiquement tendu que choisit Gilbark Vak Baloust pour se rapprocher insidieusement du capitaine et lui asséner un vigoureux « Capitaine au rapport ! » provoquant la surprise du capitaine et son contact, fort rude, avec le plafond du poste de pilotage. Golbert se retourna vivement en se massant le haut du crâne et jeta un regard glacial et d'un bleu bloutch à son second « Bark Takor ! Que me voulez-vous encore ! », profitant de l'occasion pour insulter mortellement et une nouvelle fois son second. Par ces deux mots Bark et Takor, Golbert venait d'insulter son second, sa mère et toute sa lignée en la vouant aux pires souffrances sans pour autant qu'il n'ait compris la signification réel des mots prononcés par Golbert, « bark » signifiant « takor top » et « takor » signifiant « bark top », « top » étant un synonyme de « bark takor », ce qui perturba une nouvelle fois l'esprit logique du Baloust.
« Capitaine ! Je suis désolé mais je viens vous informer du vol de votre coffre ! ». Non, Golbert n'aimait vraiment pas ce Baloust, il avait dû se faire une joie de venir lui annoncer cette terrible nouvelle et qu'il soit le voleur ne serait pas étonnant. Golbert sentait profondément que s'était Gilbark le voleur non pas parce qu'il le détestait mais en fait si ! C'est parce qu'il le détestait et il songea à le faire pendre plus tard avec ces pirates. Malgré le choc de la nouvelle, Golbert devait assumer son rôle de capitaine et retourna à son occupation la plus pressante, les pirates, tout en se jurant une fois sortie d'affaire d'enquêter sur le vol de son tonneau de bloutch et de faire condamner le coupable Baloust. Golbert s'empressa donc de congédier Gilbark en omettant négligemment d'enlever son pied de la trajectoire de son second. Ce qui devait arriver arriva : le baloust percuta le pied du capitaine et fit un véritable vol plané à travers tout le poste de pilotage, pour venir s'encastrer, tête la première, dans les ordinateurs de bord. « Catastrophe ! » hurla Golbert, son second venait de pitoyablement défoncer les ordinateurs de visé, la sirène se mit à hurler une nouvelle fois et les lumières rouges se déclenchèrent.
« Faites-moi un rapport des dégâts, évacuez mon second et enfermez-le dans sa cabine ! », il avait perdu trop de temps avec ce misérable et il venait de leur faire perdre 50% de leurs capacités offensives : « Par la mortebloutch quelle plaie ce second ! ». Golbert retourna rapidement à son observation des pirates et ce qu'il vit le glaça d'horreur, non seulement les pirates étaient en train d'adopter leur manœuvre d'encerclement mais pour autant il n'avait pas abandonné celle de Karf-Steinfer, la combinaison des deux risquait de se révéler mortelle et en plus d'être des manchots, cette situation montrait à quel point leur chef est un incapable voir même le plus incompétent du lot.

Golbert devait une nouvelle fois faire preuve d'audace et d'ingéniosité pour empêcher cette manœuvre d'encerclement avec des chasseurs à la trajectoire si erratique. Il s'empara rapidement de l'intercom, l'alluma vivement d'une petite poussée et pris la parole : « Nous nous rendons, vous êtes trop forts pour nous et nous ne sommes qu'un simple cargo de transport, il ne fait pas le poids face à l'habilité de vos pilotes ». Prononcer ses mots fut très difficile pour Golbert surtout quand il senti le regard incrédule des membres d'équipage peser sur lui, s'était terrible, mais il fallait faire ainsi. Paradoxalement si ces pirates avaient été un peu plus habiles, sans l'être trop, Golbert se serait fait un plaisir de régler cela au combat conventionnel, mais vu la nullité de leurs assaillants une telle option aurait été désastreuse. Il devait les mettre hors d'état de nuire, la solution la plus simple étant l'abordage. Perdu dans de telles pensées Golbert songea de nouveau à la stupidité du chef des pirates, ils n'étaient plus que huit et voulait aborder un cargo comme le Gros Albert avec 150 hommes d'équipages, s'était LA solution pour les neutraliser. La réponse de celui auquel il pensait justement le détacha de ses plans : « Parfait ! Vous avez enfin reconnu notre supériorité, ouvrez les sas de vos hangars et pas d'entourloupe deux de mes hommes restent à l'extérieur ! ».
Golbert ne commenta pas la décision et répondit d'un simple « Nous vous obéissons ». Il était temps de quitter le poste de pilotage, ce qu'il fit, en donnant ses dernières instructions : « Préparez les hangars à l'arriver des 6 chasseurs et déverrouillez l'accès à l'armurerie ». Le capitaine parcourut pensivement les coursives, la gorge desséchée, « Il serait temps de boire un petit verre de bloutch » pensa-t-il avant de se souvenir que son tonneau avait été traîtreusement volé. Son arrivé à destination, les quartiers de l'équipage, mis fin à son évaluation de la situation, il était devant la porte et entendait faire une entrée digne d'un capitaine de son rang. Golbert poussa la porte et se plaça dans l'entrebâillement ce qui fut à son goût d'un fort bel effet, apparement l'équipage ne partageait pas son avis : il y avait environ une cinquantaine d'hommes tous occupés à jouer aux cartes, à regarder des holovidéos, à jouer de la musique pour certains et en tout cas tournant tous le dos à leur capitaine. Aucun des matelots n'avait apparement remarqué l'arrivé de leur capitaine.
« Crèvebloutch ! Tout le monde au rapport, fixe ! » s'époumona Golbert rouge de colère, tous ses hommes se levèrent brutalement et vinrent se ranger devant leur capitaine dans la plus terrible des confusion. Le tumulte dura au moins 5 bonnes minutes avant que les 50 hommes soient en ligne et au garde à vous. Ce qui laissa amplement le temps à Golbert de s'enfoncer une nouvelle fois dans ses pensées. Cette fois-ci elles étaient tourné vers une très probable et draconienne réduction des effectifs de l'équipage d'ici à la prochaine sortie, une grande partie de ses hommes n'auraient au moins plus besoin de faire semblant de vaquer à une quelconque occupation. Quand il interrompit le cours de sa pensée, ses hommes d'équipage étaient enfin rangés devant lui, il alluma son intercom et demanda au poste de pilotage où en était l'ennemi.
« Il vient à peine de finir de rassembler ses chasseurs pour commencer à préparer l'appontage, ils ont apparement beaucoup de mal à mettre fin à leur manœuvre de Karf-Steinfer ». Golbert coupa l'intercom et ce que lui avait révélé le poste de pilotage ne l'étonnait pas trop, il soupçonnait fortement ces incapables de pirates d'avoir une disposition naturelle à la manœuvre Karf-Steinfer et ce qui, par leur habilité, devait surtout être leur style de pilotage classique. Il posa ensuite les yeux sur ses hommes d'équipages et ne s'embarrassa d'aucunes formalités :
« Comme vous le savez nous avons était attaqué par des pirates, heureusement cette bande d'incapable veut aborder notre cargo avec seulement 6 hommes, nous allons donc les neutraliser à l'intérieur du vaisseau et pour cela tous à l'armurerie ! ».
Une fois ce bref discours achevé, Golbert se retourna prestement et pris la direction de l'armurerie suivi par les hommes d'équipage qu'il avait réquisitionné. Il parvint rapidement devant l'épaisse porte magnétique et blindée de l'armurerie, n'étant plus verrouillée, une simple analyse de sa rétine suffirait pour en ouvrir l'accès, ce qui fut fait deux minutes plus tard. La porte blindée se leva offrant aux regards un impressionnant alignement de râteliers surchargé de fusils laser, pistolets, blasters, fusils blaster, grenades diverses etc. Etrangement Golbert ne s'était pas souvenu de disposer d'un tel arsenal, si coûteux en plus, sur son navire, mais il y songerait plus tard, actuellement cela lui était plutôt utile. Alors que ses hommes s'équipaient, Golbert ralluma son intercom pour se tenir au courant des événements dans le poste de pilotage et à l'extérieur. Il venait à peine d'accomplir ce geste que le navire fut la proie d'une violente secousse qui se répandit dans toutes les coursives, les lumières clignotèrent plusieurs fois avant de s'éteindre plongeant l'ensemble du bâtiment dans le noir et la plupart des bruits que produisait familièrement son navire : générateurs, alimentation en oxygéne etc… cessèrent avec la lumière. Dans l'armurerie, la secousse projeta violemment tout le monde au sol suivit des râteliers et leurs stocks d'armement. Golbert se releva péniblement, contusionné par les nombreux coups reçus, et émergea difficilement du tas de fusils qui le recouvrait, la première chose qu'il constata est la fort méchante gîte qu'avait pris son navire le Gros Albert : le sol était incliné de plusieurs degrés. Son intercom était resté allumé et il entra en contact avec le poste de pilotage « Mais que s'est-il passé ? Palsambleu ! », Golbert obtint rapidement une réponse nasillarde :
-« Capitaine, un des 6 chasseurs a percuté le navire en procédant à l'appontage, il a gravement endommagé la plupart des circuits principaux, nous enclenchons au plutôt tout les circuits de secours ! De plus le chef des pirates souhaite vous parler immédiatement »
-« Passez-moi immédiatement la communication ! »
L'intercom de Golbert se mit immédiatement à crachoter la voix du chef des pirates toujours aussi chevrotante :
- « Encore une fois capitaine vous nous avez tendu un piége ! Mais j'ai malgré tout pu apponter, je vous ferais payer cher cette dernière tentative ! Rejoignez-moi sans embrouille au hangar ! »
- « J'arrive immédiatement »
Golbert se désespéra à l'idée qu'il se faisait de l'état dans lequel devait se trouver le hangar depuis l'appontage, dont l'un manqué, de ces ahuris de pirates. Il se morigéna également à l'idée de ne pas avoir fait plus attention, il aurait dû superviser personnellement l'approche des pirates, même lui aurait eu du mal, mais il aurait peut être pu éviter ces dégâts dû à l'habilité douteuse de ces énergumènes. Mais il était désormais trop tard, la lumière revint ainsi que le fonctionnement de la plupart des appareillages, quelle judicieuse idée il avait eu en faisant doubler tous les systèmes de son navire. Maintenant il devait disposer ses hommes et aller à la rencontre du chef des pirates.

Par Citoyen Needa - 20/9/2000 à 19:59
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