277e année de notre calendrier républicain... 3e année du calendrier du grand Babar
Comment raconter ce qui fut l'un des moments les plus sombres de ma vie, comment au seuil de la mort ne pas oublier ce qui fut ma plus grande peine... Mon grand âge me pèse, mes mains ont de la peine à traduire ce qu'accouche dans de rares moments de lucidité ma mémoire... Aujourd'hui je suis seul, abandonné de tous, reclus au sein d'un sanctuaire qui deviendra ma tombe. Je ne voudrais pas que mon histoire soit oubliée, que seule la vérité puisse résister aux assauts du temps pour que l'on ne se rappelle pas de moi comme le paria, le traître... Aussi vais-je laisser aux générations suivantes le soin de me juger. Tout cela remonte à une période bien oubliée des fils de la république, une période qui vit un infame complot changer le cours de son histoire...En bien ou en mal je ne saurais dire, je me suis trouvé au centre de celui-ci. Il faut dire que dans ses premières années, notre jeune république fut témoin de choses innommables, aussi bien en son sein que chez les barbares environnants... La corruption règnait en maître, même si de nobles âmes menaient contre cette dernière un combat permanent. Le devenir de la république était encore floue malgré sa puissance reconnue au sein de notre galaxie. Bien des nations nous enviaient, bien des peuples avaient fini sous le fer de nos armées. La Liberté perdait alors bon nombre de ses fils pour sa survie... De cette époque je ne retiendrais que cette âpre lutte sans fin pour la vie... Mais les ennemis de l'extérieur n'étaient pas le plus à redouter... C'était ceux qui agissaient du dedans qui nous causaient le plus de tort... qu'il s'agisse d'agents ennemis infiltrés, de fonctionnaires républicains corrompus, ou même de mégalomanes se servant de la république dans le seul but de nourrir leurs noirs desseins... Je fus malheureusement aux yeux de mes concitoyens classé parmi ces parias, et mon exil n'en fut que plus douloureux... L'UNRC....ces mots qui résonnent à mes oreilles comme la pire des injustices, l'UNRC était la cause de mon malheur. Ma vie fut à jamais boulversée dès l'instant que j'eusse été en contact avec ce peuple. A cette époque je vivais paisiblement sur Aeria, planète affilié à la fédération républicaine. Ô combien maintenant je maudis ce jour où jamais je ne pu à nouveau poser les yeux sur ma terre natale... Simplement parce que je savais... et que j'avais agis dans l'ombre, dans l'ignorance de mes frères. Je faisais alors partie de la plus puissante organisation de renseignement qui ait jamais existé, le CSP... C'était là que toutes les informations de nos agents à travers l'empire étaient rassemblées. Mais ce service était avant tout spécialisé dans le contre-espionnage et nombres de malheurs ont pu ainsi être éviter de par son existence. Tout commenca le jour ou l'Union des Républiques Communistes défia la Res Publica par le simple fait que nous vivions dans un système capitaliste. Ces mécréants n'avaient pas du tout compris la teneur du principe d'égalité qui régnait chez nous, et ne juraient que par leur très sainte idéologie... Un pur exemple d'intolérance à mes yeux. Toujours est-il que parce que nous étions une démocratie nous devions être exterminé et succomber à la dictature de ces barbares. Un avenir aussi noir ne pouvait qu'effrayer toute société libre mais pas la ResPublica. Nous savions que même si la guerre était à envisager nos principes resteraient vainqueurs, la douleur de l'affrontement semblait plus douce que la servitude éternelle. Mais l'UNRC s'entêtait et tisait des liens avec bon nombre de peuples tout aussi dévoués à la destruction et au chaos... C'est alors que je fus désigné par le CSP pour tenter de destabiliser nos ennemis, mais ce qui paraissait une mission de routine allait en fait s'avérer être la mission la plus périlleuse de ma carrière. Car dans le même temps, l'UNRC déléguait de son côté son meilleur agent pour nous infiltrer ; Molotov. Cet agent fut ma perte... La Ligue des Mondes Libres, au sein de laquelle la ResPublica était représentée, ne tarda pas à réagir et à condamner les agissements de ce qui allait devenir par la suite son ennemi juré. L'UNRC se mit à dos tous les peuples libres de la galaxie; l'OTAN, l'Empire du Zodiaque et bon nombres de peuplades moins connues mais tout aussi méritoires que leurs ainés. La politique de l'UNRC visait d'abord à destabiliser nos alliés, à les affaiblir psychologiquement... Toutes les nations membres de la LML furent infiltrés par l'UNRC, de nombreux fonctionnaires de par le monde libre furent corrompus et commencèrent à trahir. Mais ces agissements n'atteinrent pas le degré qu'ils eurent au sein de notre république... On vit un jour un dénommé Salomon commencer à semer le doute parmis nos esprits... Les citoyens ne savaient plus que faire. En fait de Salomon il s'agissait de Molotov, l'agent le plus lache de nos ennemis. Au siège central du CSP, la panique régnait car nous n'avions aucune information succeptible d'accuser au grand jour notre ennemi, même si nous soupsçonnions fortement ses agissements. Car nous respections les règles de la guerre et l'adversaire, sans rentrer dans le jeu de la mesquinerie... Mais il fallait prendre nos ennemis à leur jeu. Alors nous eûmes l'idée de rentrer en confiance avec Molotov... Je me chargeais de cette tâche dans le plus grand secret... Personne ne devait le savoir pour que celle-ci soit menée à bien... Je me rendis alors dans les mondes de l'UNRC et commençais ma quête pour retrouver Molotov. J'eu la chance de rentrer en contact avec Usul, un des leaders de nos ennemis et sa confiance me fut acquise rapidement. J'eu rapidement connaissance de leurs plans contre la république, mais il me fallait une preuve directe de leurs agissements. Peu de temps après, ce fut Molotov qui me contacta... M'étant présenté à Usul comme déserteur de la république, Molotov souhaita vivement que je l'informe des actions de notre gouvernement à l'encontre de l'UNRC. C'est ainsi que je devint agent-double, dans le seul but de faire tomber l'UNRC... J'adoptais une attitude et un mode de pensée hostiles à ResPublica, j'en venais même à renier nos valeurs les plus fondamentales pour m'attirer la confiance de nos ennemis... Tout cela je le faisais sans qu'aucune instance gouvernementale ne soit au courant de notre côté... à mon grand malheur par la suite... Mon poste au sein de la république me permettait d'accéder aux secrets les mieux gardés, tout aussi bien au sein du gouvernement que dans nos services de renseignements et même au sein de la Ligue des Mondes Libres. Je mis à profits certaines informations de moindre valeur en les mettant à disposition de nos ennemis afin de prouver ma bonne foi et mon engagement à leurs côtés. Je pensais que Molotov m'était acquis... Je pensais surtout être plus fort que lui, mais il usait de la même stratégie à mon égard... Dans le même temps, l'agent Djawad, un autre membre du CSP qui s'occupait lui d'Usul, ne tarda pas à me dire que quelque chose de grave allait arriver au sein de la LML... Je pressais doucement Molotov à ce propos mais je n'en su pas d'avantage. Il faut dire que les rencontres entre agents secrets et doubles de surcroit n'étaient pas évidentes...Il fallait que j'échappe à la vigilance de leurs agents comme des notres, et les lieux choisis pour se rencontrer à l'abri des regards indiscrets étaient rares... Mais je mis au point un système de communication sub-spatiale cryptée dont seul Molotov avait la fréquence et le code. Même nos cybercerveaux les plus performants ne pouvaient le craquer. C'est ainsi que nos communications s'échangèrent à l'abri des mouchards, mais c'était sans compter sur ce que Molotov en tirait auprès des siens. Je n'avais pas du tout pris conscience de l'ampleur de la mégalomanie des membres de l'UNRC, et ce bien malgré moi... Pendant que j'essayais de faire croire à Molotov que j'étais acquis à leur cause, ce dernier ourdait la plus sombre machination à l'encontre de notre république. Certes j'eusse pu la prévoir, mais je n'avais pas l'état d'esprit de nos ennemis pour en dicerner ne serait-ce que la moindre parcelle. Dans l'esprit tordu de Molotov avait germé un terrible complot visant à assassiner notre leader Sidoine. Molotov pensait que ma position au sein de la république l'aiderait aisément dans cette tâche et que je remplacerais notre dirigeant. Il faut dire que l'UNRC s'était spécialisée dans l'infiltration et la subvertion de gouvernements ennemis... telle la défunte Confédération des Mondes Libres, dont elle était issue après une très sanglante révolution... J'étais au courant de ce mode d'action mais je pensais qu'il était irréalisable au sein de notre république, tant nos membres étaient fidèles et n'accepteraient aucune atteinte à leur liberté... En bref Molotov, fort de sa confiance en moi, me voulait à la tête de la ResPublica pour entrainer sa chute et se la rallier... De mon côté j'avais assez d'informations pour chasser à jamais l'UNRC de ce cadrant de la galaxie et éviter la guerre... Mais la fortune en voulu autrement... Malheureusement vint le jour où les services de renseignements de la ResPublica découvrirent les ambitions de l'UNRC... Ils en découvrirent même l'intégralité car ils avaient placé certains de nos meilleurs agents au sein même du Polit Bureau de nos ennemis. Je fis la douloureuse expérience de la compétence de mes compatriotes... Personellement j'ignorais tout de la teneur des discussions au sein du PolitBureau, alors que si j'en avais eu vent je pense maintenant que j'aurais abandonné cette mission. Ce que les agents de RP découvrirent les laissa sans voix, et moi par la même occasion, du moins un peu plus tard. Une organisation mystérieuse dénommée les Fantômes avait elle aussi, avant les agents de la ResPublica, découvert la teneur des projets de l'UNRC... Une organisation bien plus puissante qu'aucune autre dans la galaxie. Malheureusement pas assez puissante pour être au courant de mes agissements pour la république. Affolé à la vu des révélations faites par les fantomes, je demandais à Molotov de modérer ses propos à notre encontre et de ne pas me mentionner sans raison dans ses discours à nos citoyens... Car il avait pris l'apparence d'un innofensif jeune citoyen de la république pour répandre son venin. Je voyais tous mes plans ruinés, j'essayais une dernière fois de les sauver en ravivant la confiance qu'il avait en moi pour l'empêcher de commettre de tels actes. J'essayais d'être à ses yeux un conseiller sagace, mais dans l'unique but de le contrôler avant que la situation ne m'échappe... Car il mentionnait mon nom dans un appel lancé contre notre vénérable Sidoine... Il me faisait le leader d'un pseudo mouvement de contestation qui voulait mettre fin à la république... Et tout cela sans m'avoir fait part de ses intentions, c'était un véritable cauchemard... Il ne fallait pas que je me trahisse à ses yeux mais il ne fallait pas de même trahir la république... Je ne pouvais plus reculer... Malheureusement ce dernier acte de ma part fut considéré comme une trahison par les miens... Je fus encore plus horrifié quand par la suite je découvris les archives du deuxième PolitBureau, moins connu celui-là... Elles avaient été mises à jour par Périclès, et Agonar m'en avait communiqué le contenu... La nature de l'UNRC était mise à nue, mais ce qui m'a le plus attristé c'est d'imaginer que mes concitoyens aient pu croire leurs propos me concernant. Ils croyaient en un plan né de l'imagination malsaine d'Usul et de Molotov, et celui-ci était tellement grossier qu'il paraissait véritablement crédible, ou du moins la fin me rendait ridicule, ce qu'ils ne pouvaient se résoudre à croire.... On m'arrêta quelques temps après. Je fus jugé puis accusé d'espionnage pour le compte de l'ennemi... Ce que RP avait compris c'est que je l'avais trahis, je ne pouvais pas leur en vouloir car j'avais agi seul sans les informer de la teneur de ma mission, le CSP étant alors un organisme complètement informel. Ils ne pouvaient malheureusement pas savoir que moi-même j'essayais de démasquer nos ennemis... Au contraire, ils ne virent cette affaire qu'au travers des discours mégalomaniaques de nos ennemis... Ce n'est que plus tard que je pu m'expliquer avec mes amis du CSP qui appuyèrent ma défense au sein du gouvernement de la république. Mes actions passées en faveur de celle-ci ne firent qu'appuyer favorablement mes dires. Je m'étonnais de voir que certains croyaient véritablement à ce complot, le plus rocambolesque qui m'ait jamais été donné de vivre... Même si beaucoup ne crurent pas à mon histoire, il le fallait car c'était là la pure vérité... Je ne pouvais plus supporter les sarcasmes de certains citoyens même s'ils ne durèrent que très peu de temps, et que mes amis étaient là pour m'aider... Il fallait vivre avec cette suspiscion qui vous entoure. Et parce que la vérité restera toujours floue aux yeux de certains, je décidais alors de m'engager sur la route de l'exil... La décison fut des plus dure... De ce malheur je compris que seul dans le monde de l'espionnage, la survie en terre ennemie était moins difficile que ce que pouvait être sa propre survie chez les siens. Dans le jeu de l'espionnage il ne fallait pas trop s'aventurer seul... C'est à ce moment que j'eu l'idée de fonder ce qui allait devenir le Sanctuaire... un endroit où la corruption ne régnerait pas, où la neutralité serait de règle et où donc l'on aurait pas besoin de guerroyer et de subir toutes les horreurs qui en découlent directement ou non... Un endroit où je n'aurais plus jamais de tels problèmes... Un endroit où tous seraient bienvenus, où chacun aurait enfin sa chance de recommencer une vie plus saine... En fait de le créer je n'ai fait que ressusciter une vieille religion oubliée de la Terre Antique, certains adeptes survivants m'ayant aidé dans cette tâche. Mais cela reste une autre histoire... Un endroit où je vis mes derniers jours... rejoins par de rares fidèles compagnons, et incompris du reste du monde... Mais ma cher république me manquait atrocement... Je ne pouvais me résoudre à l'oublier... C'est ainsi que je vous dédie ce journal. Je souhaite aux générations futures de ne pas connaitre ce qui fut mon calvaire... Va'Hadar l'exilé...

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