Remontons d'un millénaire dans le temps. A cette époque, les Anciens Empires, après avoir dirigé la colonisation de la Galaxie, sont exangues, et des guerres inter-impériales commencent à ravager l'espace humain. L'un de ces gouvernements, se sentant sur le point de succomber, déploya ses armes secrètes, de gigantesques croiseurs, munis de canons à ondes électromagnétiques, détruisant tous les systèmes électroniques de leurs cibles, et d'armes biologiques, capables de tuer à 99% la population d'une grande planète. Irulan, quant à elle, n'est qu'une petite station d'extraction minère en marge du monde connu, plus renommée pour l'abondance de ses ressources que pour sa topographie très marine, et son climat tropical ainsi que ses plages ensolleillées... (Attention, amateurs d'épique et de space-opéra, vous allez être déçus, à partir de maintenant) Irulan eut la chance d'être épargnée par les vagues de paranoïa et de folie qui touchèrent la majorité des autres mondes connus alors ; pour leur plus grand bien, les Iruliens en poste avaient reçu leur paye et une importante cargaison de psychotropes et de Bloutch (cet alcool sévissait déjà sous une forme voisine en ces temps reculés) qu'ils avaient bien entendu rapidement inspectée (bon, d'accord, il s'étaient bourré la gueule, et alors ?) si bien que leur taux d'aggressivité et de pulsions suicidaires frisaient le zéro le plus rond. Quand ils quittèrent l'état extatique dans lequel ils étaient plongés depuis quelques jours, nos braves Iruliens s'aperçurent enfin que les communications Sub-Ether avec les planètes voisines avaient été coupées et qu'orbitaient autour de la planète des centaines de vaisseaux, vestiges des flottes qui s'étaient affrontées dans l'espace dans l'espoir de contrôler les formidables ressources d'Irulan... Grandement affligés par la stupidité crasse de ces milliards d'humains qui s'étaient entretués alors qu'ils auraient pu régler leurs problèmes dans les rèves dorés du Cannabis & autres drogues, les fiers mineurs Iruliens décidèrent qu'il convenait mieux de rester tranquille chez soi que de courir l'espace dans lequel on faisait tôt ou tard de mauvaises rencontres et se mirent à profiter du climat agréable et des plages de sable fin de leur planète, délaissant leurs mines aquatiques sales et malodorantes au profit des bains de soleil, de la philosophie et de l'élaboration d'un gouvernement démocratique capable de prendre en charge les futurs névrosés (assez improbables par ailleurs).
Quelques siècles paisibles s'écoulèrent, puis, bien entendu le Virus de la conquête spatiale reprit les Iruliens. L'Humain est définitivement trop curieux et ne tire jamais de leçons de ses erreurs... A moins que tout simplement les habitants de ce monde miraculé se soient lassées de jouer au Beach-Volley et de faire de la planche à voile. Des centres de recherche ouvrirent leurs portes et durent partir sur des bases assez faibles : après qu'ils aient réussi à produire des couteaux à virolle assez sophistiqués pour couper les ficelles des cerf-volants des enfants coincés dans les arbres (Dans un souci de clarté : les cerfs-volants, pas les enfants), et un générateur de Tongues à Probabilité Multiple -recherche fondamentale-, ils parvinrent de plus en plus vite à obtenir des articles utiles (la Science attire la Science, tout le monde sait cela) et purent mettre au point un propulseur économique qui leur permit d'atteindre en une dizaine d'années les étoiles les plus proches. Quelle fut leur surprise de trouver à leur arrivée une flotte de Croiseurs capables de voyage Trans-Luminique qui établissait une base en orbite autour d'une planète, on le devine aisément. Dégoûtés, les Iruliens... Et encore plus dégoûtés, les Iruliens, quand ils s'aperçurent, de retour à la maison, (c'est-à-dire 10 ans plus tard) que les nouveaux venus s'étaient installés sur leur monde sans qu'on les y ait au préalable invité. Honteux pétage d'incruste. Et, non contents de leur forfait, ils y avaient implanté un Duché, balayant la démocratie locale. Frustrant. Le pire est que, rapidement, une bonne partie du gratin de l'Empire de cette région de la galaxie vint usurper les plages d'Irulan, desquelles ils vidèrent sans ménagement leurs propriétaires légitimes. Ne pouvant plus se consacrer à leurs activités habituelles, les Iruliens quittèrent leur état d'empathie caractéristique, et décidèrent de fomenter une révolte en règle.
C'est à se moment que se détache du lot des Iruliens un chef-né, fils du renommé inventeur du générateur de Tongues à Probabilité Multiple, qui, en habile négociateur procura des armes à son peuple, et les guida à l'assaut du Palais ducal, qu'il prit en usant d'une habile stratégie (quel agéable panégyrique). Non. En fait, c'était simplement un Irulien particulièrement mécontent de s'être fait faucher son Bungalow 3 pièces, vue mer et ses plates-bandes de fleurs rares par un nobliaut quelconque. Quant à l'Assaut épique du Palais, ce fut loin d'être un exploit... Les gardes étaient tellement empâtés qu'il leur fut difficile de sonner l'alarme, bien que la demeure seigneuriale ait déjà été investie. Toujours est-il que cet homme -exceptionnel, malgré la petitesse de ses hauts-faits- fut reconnu comme le Sauveur de sa planète, et, en raison des bonnes relations qu'il s'était ménagées en perdant volontairement à tous ses matchs de Beach-Volley, fut promu à la présidence du Premier Conseil, assemblée démocratiquement-élue-à-la-majorité-relative-en-trois-tours-sans-pressions-aucunes-sur-les-électeurs (sans respirer entre les mots, pour avoir la locution propre) C'est ainsi que Porel Al Naath (car c'est bien de lui qu'il s'agit) prit en main la destinée d'Irulan, secondé par des hommes et des femmes de valeur, et lança sa planète dans une equipée épique qui allait la pousser dans les affres du monde moderne... Seule. Seule jusqu'à son adhésion à la Grande ResPublica, qui partageait sa vision utopique d'une politique cherchant à assurer le bien-être de ses citoyens, sans exploiter les masses, comme les Empires ont la mauvaise habitude de le faire...
Ainsi s'ouvrait l'Ere de liberté pour Irulan, célébrée par le mémorable discours de Porel Al Naath, homme politique brillant doublé d'une beau gosse et bien entendu très bon orateur (mmmm...j'adore cette page) : "L'Histoire a enseigné à l'Humanité que tout type de pouvoir oligarchique est voué à l'échec. Tous nos ancêtres, sans exception aucune, se sont tôt ou tard libérés de leur dirigeants pour prendre en main leur destinée. Les Réseaux historiques des Empires nous dévoilent que depuis la nuit des temps se sont succédés des régimes injustes, se prétendant dignes de gouverner par volonté divine ou simplement par leur hérédité, et qui ont eu pour résultats des erreurs catastrophiques qui ont bouleversé l'histoire humaine, causant des tragédies innombrables et anéantissant des décades de labeur en un temps minuscule. Les Anciens Empires Galactiques se sont effondrés, bien que leurs chefs estimaient avoir crée le système politique Idéal, et ont causé la grande Dispersion, l'Age Noir du genre Humain, jusqu'à ce que deux mondes accèdent à nouveau aux transports Ultra-Luminiques. Ces planètes furent les fondatrices des deux grands Empires actuels, et instaurèrent un système politique du type féodal, adéquat pour la colonisation rapide de nouveaux territoires, mais totalement inadaptés à une société d'humains évolués. Hélas, les relations entre ces deux Empires se dégrade de jour en jour, menaçant de lancer l'humanité dans la plus terrible des guerres totales. Aussi, pour préserver la civilisation, il est temps pour nous de briser nos chaînes et de construire ensemble le Futur d'Irulan, en mettant au pouvoir les Hommes et les Femmes que nous aurons choisi pour guider avec équité et humanité notre Peuple et bâtir la Fédération Irulane, la Démocratie qui assurera nos avenirs." Quel texte peu distrayant, et de plus sans intérêt... (vous ne l'avez pas lu, tout de même ?)

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