BF Corp

#titre
La fuite
titre#

-Feu!
Bôôôm…Bôôôm…Bôôôm!!
Loin au dessous, Asgaroth disparaisait sous les tires des batteries. La flotte avait presque fini de
vitrifier la planète à présent. Notre planète. La planète maudite.
-Feu!
Bôôôm…Bôôôm…Bôôôm!!
-Amiral Ils arrivent. Nous allons bientôt devoir quitter l'orbite .
Oui Ils arrivaient. Je pouvais les voir à travers les baies du croiseur. Que le diable les emporte.
-Feu!
Bôôôm…Bôôôm…Bôôôm!!
-Amiral Ils ont presque atteint notre orbite il faut partir!
Un éclair illumina l'espace. Un des torpilleurs venait d'être atteint par la nuée.
-Ordonnez à la flotte de tirer une dernière salve Commodore. Puis nous partirons.
-Feu!
Bôôôm…Bôôôm…Bôôôm!!
Lentement, la dernière flotte de guerre Asgarii entama un mouvement de replis, s'éloignant d'un
astre désormais mort.
-Amiral ils nous poursuivent. Nous n'allons pas pouvoir rejoindre les autres.
-Je sais. Je n'en ai jamais eu l'intention. Commodore ordonnez aux cargos de partir sans nous.
Qu'ils quittent le secteur. Nous les rattraperont en cours de route. Puis vous désactiverez les
batteries d'assaut planétaires et donnerez toute la puissance aux boucliers et aux réacteurs. Vous
savez combien il est inutile de lutter…
Les gigantesques moteurs interplanétaires s'allumèrent et la le berceau de la République
commença à diminuer de volume dans les baies du poste de commandemant. Nous savions qu'Ils
allaient nous poursuivre, peut être même nous rattrapper; mais au moins l'autre flotte, celle des
civils, était sauve.
Déjà Ils atteignaient les derniers éléments du groupe. Les boucliers poussés au maximum
résistaient mais ça n'allait pas durer, et Ils allaient plus vite que nous.
-Commodore ordonnez à tout les bâtiments de désactiver les boucliers et de mettre toute l'énergie
disponible aux moteurs.
-Mais ils sont sur nous si nous faisons ça ils vont nous …
-Je sais mais c'est le seul moyen d'accélérer. Les chasseurs ne pourront pas suivre à cette vitesse
dites leur de se disperser. Que la République les protège.
D'un seul coup le croiseur bondit en avant. Bientôt il fut hors de portée de nos poursuivants et se
dirigeais vers le chemin emprunté par le convoi. Mais tous les bâtiments n'avaient pas eu cette
chance. Les moteurs de plusieurs vaisseaux, privés d'entretien depuis près de trois siècles
s'étaient désintégrés sous l'afflux d'énergie. Pour d'autres il était déjà trop tard: encerclés par la
nuée ils furent écrasés à l'instant ou ils désactivèrent leurs boucliers.

Nous nous dirigèrent vers la ceinture d'astéroïdes, lieu de passage obligé du convois. Mais il n'y
avait rien. Ou plutôt il n'y avais plus rien; le seul signal capté par les radars était celui d'une unique
nacelle de sauvetage, flottant entre les astéroïdes.
-Commodore faites demi tour! C'est un piège!
En effet, de l'ombre des petits astres surgit la nuée.
-Commodore tirez toutes les torpilles dans ces cailloux , il faut Leur donner des cibles! Moteurs au
maximum, fonçez droit vers la Balise!
-A vos ordres. A toutes les unités, tirez toutes vos torpilles et fuyez vers la Balise!
Ce fut terrible: dès que les premiers missiles explosèrent l'espace s'emplis de milliards de cailloux
volant dans touts les directions, affolant la nuée et les radars de poursuite. L'on vit des missiles
perdus foncer vers des corvettes aux boucliers baissés, les réduisant en éclats de métal fondu;
quand à la nuée, rendue folle par tous ces nouveaux objets sur son territoire, elle perdit une partie
de sa cohérance, permettant à quelques vaisseaux de passer.
Du peuple Asgarii il ne restait plus désormais que l'équipage des trois croiseurs survivants et de
leur escorte…

Le voyage dura plusieurs jours jusqu'à la Balise. D'elle nous ne savions pas grand chose: elle
faisait partie de l'héritage des Anciens, au même titre que la flotte…et la nuée. Mais c'était notre
seul espoir de quitter ce système maudit. Les documents parvenus jusqu'à nous disaient qu'il
existait des dizaines de balises de saut, permettant d'atteindre les colonies distantes de centaines
de parsecs. Mais les archives disaient aussi que ces balises avaient également permis à la nuée
d'envahir tout nos systèmes en quelques dizaines d'années seulement.
Alors ils les avaient détruites afin de protéger la planète mère, la planète sacrée de la République:
Asgaroth. Et ils avaient construit à la place la Balise: d'une puissance sans commune mesure avec
les autres, elle était destinée à faire sauter tout notre peuple vers la galaxie voisine, nous mettant
hors de portée de la nuée.

Mais les préparatifs étaient longs et la Balise avait déjà presque ruinée Asgaroth, maintenant privée
de ses colonies. Il fut décidé d'attendre quelques années avant d'effectuer le grand voyage, juste
le temps de se remettre sur pieds. Mais la vie était belle, et la nuée si loin…Au bout de deux
décénies le voyage n'était plus regardé que comme une folie par la population. Dans un monde à
la nature luxuriante et accueillante, la technologie fut bientôt désignée comme la responsable de
l'attaque de la nuée, car elle avait crée les balises. Au bout d'un siècle, exilés sur la Planète
Extérieure, seuls les techniciens révaient encore au grand voyage; ils se transmettaient de
génération en génération la charge des grands vaisseaux construits dans ce but, et jamais utilisés.
Aussi quand, trois cent ans après la création de la Balise la nuée parvint jusqu'à Asgaroth la
République avait depuis longtemps sombré dans la décadance et fut balayée. Il fut décidé sur la
planète extérieure d'évacuer les survivants puis de vitrifier Asgaroth afin de stopper l'avancée de la
nuée. Puis, exoçant le vœux de nos ancêtres, nous devions conduire les habitants vers la nouvelle
galaxie…

-Amiral la Balise est en vue, que dois-je faire?
-Je n'en sais rien Commodore, personne n'en sais rien…
Et la balise disparut, laissant à la place un gigantesque trou dans l'espace. Au travers apparaissait
un ciel de feu, un ciel d'étoiles. Oh! Sans commune mesure avec le ciel de la Planète Extérieue:
dans cette petite portion d'univers brillaient des milliards d'astres, formant des constellations d'une
étrange beauté.
-Amiral je crois qu'il sagit du passage.
-L'aissez tomber l'"Amiral", la République à disparu et son armée aussi. Mon prénom est Kpascal,
quel est le votre Commodore?
-Je m'appelle Ariane répondit elle avec un petit sourire.

Le voyage venait de commencer!

#titre
Systèmes fermés
titre#

Qui aurais cru que le soleil s'écraserai
Que sur le pays de d'Yssia le nuit tomberai

Qui aurais prédit la mort du monde
Soudain, emporté par l'onde

L'onde de la Vague
L'onde de la Nuée

Le choc de la destinée
Plus forte que les montagnes.

Et pourtant ce jour arrivera
Aussi sûrement que demain verra

Le jour se lever.
Et toi qui nous a quitté

Parti la porte des ombres
Ne te retourne pas

Car dans nos yeux tu verrais
Dans notre visage tu lirais

Le temps ou arrivera
La fin de notre monde.

Hymne funéraire,
Continent d'Yssia
58e siècle

Le vieux poème, tant entendu dans mon enfance, me revenais à l'esprit alors que nous traversions la faille ouverte par la Balise. Désormais il était obsolète : Yssia avait disparu avec le reste d ‘Asgaroth, et la nuée était désormais à des milliards de parsecs.

Les scanners avaient identifié notre nouvelle galaxie comme étant AQ-7375, plus connue sous le surnom de Mankind, que les anciens lui avaient donné d'après une légende oubliée.
Ils avaient aussi trouvé autre chose. Nous n'étions pas seuls.

-La Nuée a réussi à nous suivre ? Impossible !
-Non ce n'est pas la Nuée ; il s'agit d'un objet métallique, peut être une épave a elle sauté avec nous…Négatif cette chose ne proviens pas de notre flotte.
-Mettez la flotte en formation d'attaque, et envoyez y une sonde.

En un éclair la sonde fut propulsée à moins de 2 millions de Km de la cible. Elle actionna ses caméras.

-C'est bizarre je crois que j'ai déjà vu ça quelque part…zoomez sur la partie supérieure s'il vous plaît.
- !! Mais c'est écris avec notre alphabet !
-Non pas tout à fait, on dirais plutôt une version archaïque ; il est inscrit… O…U …T …E…R … Outer Empire! De quand date ceci ?
-L'ordinateur de bord l'a identifié comme un radar militaire de technologie archaïque, il semble en fonctionnement. En fait il nous a sûrement déjà repéré.
-Parfait ! Super ! On viens d'échapper à la Nuée et voilà qu'on tombe sur des primitifs en guerre ! Vraiment j'ai une veine pas possible ces jours –ci ! Ariane faites scanner les planètes, trouvons les avant qu'ils ne viennent nous chercher.

Les résultats furent assez surprenant : au lieu des mégapoles attendues de la part d'une civilisation spatiale, nous ne trouvâmes que quelques colonies minières.
Soudain des dizaines de petits appareils, probablement des chasseurs, surgirent de nulle part, sans la moindre trace de la faille caractéristique des sauts par balise .

-Ces « primitifs » possèdent des moteurs supraluminiques ! Aux postes de combat ! Feu à volonté dès qu'ils seront à portée.

A 500 000 km de distance, les batteries de défense rapprochée entrèrent en action, décimant les assaillants à une vitesse terrifiante. Mais alors que ceux-ci ne semblaient pas vouloir riposter, de nouvelles vagues arrivaient sans cesse pour remplacer les précédentes. Sans plus de succès. Nous étions médusés : ces engins minuscules étaient capables de sauter de façon autonome, et ne possédaient même pas de bouclier ! Par curiosité j'ordonna d'en laisser approcher un. Arrivé à très courte portée celui-ci fit feu, Mais ses tirs ne parvinrent même pas à faire frémir nos boucliers. Se rapprochant encore, il entra en collision avec ceux-ci et vola en éclats.

Finalement l'assaut cessa, et un message nous parvint par hyper fréquence ; traduit par l'ordinateur de bord il apparut que nos assaillants nous avaient pris pour « l'Inner » à notre arrivée. Dans quoi étais-je encore allé nous fourrer ?

<center>-</center>

- Allez, debout!
- Mmmgnrf...
- Tu parle d'un amiral de pacotille!
- Ariane allez vous faire voir... et que faites-vous là pour commencer?
- Je suis venue vous rappeler à votre devoir! Je repasse dans 15 minutes avec deux commandos si vous n'êtes pas levé d'ici là.
- Mouais c'est ça...

Le réveil était dur ce matin là. Il faut dire que la cuite de la veille avait été à la mesure des événements de la journée. Après l'assaut manqué de l'OUTER Empire, j'avais mis le groupe de combat en orbite autours de la planète la plus proche (Numéro 3 pour les autochtones, quel manque de poésie!). Peu de temps après un vaisseau diplomatique "fishbone" fit son apparition. Visiblement impressionné par notre puissance de feu, il nous proposa de le suivre jusqu'à la base impériale de Save Willy afin de procéder aux échanges diplomatiques d'usage. Quelle ne fut pas sa surprise quand je lui appris que nous ne pouvions pas sauter de façon autonome!

Là il devint un peu trop orgueilleux, déblatérant sur notre impossibilité à bouger, notre dépendance totale vis à vis de leur bonne volonté etc etc. Il commençait sérieusement à m'ennuyer, et je le fis atomiser lui, son vaisseau, et les chantiers spatiaux voisins avec pour faire bonne mesure. Puis je fis capturer les cargos survivants pour en apprendre un peu plus sur leurs fameux moteurs.

La base de donnée de ces cargos nous enseigna pas mal de choses sur les peuples de Mankind. Entre autres que les carcasses qui nous avaient attaqué étaient des "ShadoAnpers", et les cargos des "WalkyriII". J'appris aussi que l'OUTER était engagé dans une guerre perpétuelle contre l'INNER, mais que faute de s'être jamais rencontrés, il n'y avait jamais eu de combat. De plus en plus intrigué, je demandais aux prisonniers des éclaircissements; il en ressorti que l'INNER était le méchant et eux les gentils (...), mais que comme ils ne savaient pas ou le trouver ils s'entraînaient au tir sur des "coronas" en buvant de la "kroid". D'ailleurs leur chargement était entièrement constitué de fûts de kroid. J'ai goûté. Beurk j'aurais pas du. En tout cas pas tout le tonneau.

Alors que les deux commandos me traînaient hors de mon lit pour me jeter dans la douche, je jura de consacrer ma vie à l'élaboration d'une boisson saine, propre à la réflexion et à la détente. Chplouf fis la douche en me noyant. Bloutch fis-je en recrachant. Je sus plus tard que c'était prémonitoire.

Après cet incident malheureux, l'empire se montra beaucoup plus aimable. Au cours des semaines qui suivirent, il me fit visiter divers mondes, afin de me convaincre de me joindre à leur combat. Je fus particulièrement impressionné par leur monde-capital, n'ayant connu que les citées souterraines de la planète extérieure. Mais je fus forcé de constater que le gigantisme de cette civilisation cachait une infériorité technologique indéniable. De fait, deux de leurs technologies étaient très supérieures aux autres et aux nôtres: les moteurs interstellaires ainsi qu'un générateur permettant de construire des bâtiments quasi instantanément. Ce contraste me fit soupçonner une origine extérieure à leur civilisation.

Après cette courte visite, je fus convaincu que les impériaux ne valaient pas la peine que l'on s'intéresse à eux: ils étaient engoncés dans un système politique stérile et leur progrès technologique était au point mort. Bien sur, je leur dis exactement le contraire. Je réussis à les convaincre que je me joignais à eux en raison de leur supériorité idéologique évidente, ce qui ne fut pas bien dur (ils en étaient déjà persuadés.). Puis je proposa de leur faire une démonstration de mes armes d'assaut planétaire sur une planète rebelle des environs. Ils équipèrent la flotte des moteurs interstellaires (les mines et les traceurs cachés dedans furent désactivées en quelques minutes) et nous partîmes sur place.

Les rebelles n'étaient pas très accueillants. Moi qui m'attendais à une opposition démocratique écrasée par les féroces impérialistes, je fus déçu. L'espèce de monarchie dégénérée qui défiait l'empire rencontra l'Histoire en la personne de mes batteries, et personne ne la regretta. Elle fut immédiatement rejointe par la flotte impériale qui nous tenait compagnie, et Ariane fit sauter la flotte dans la direction supposée de l'INNER Empire, loi de ces peuples décidément ennuyeux.

En effet j'avais trouvé ma quête: un des prisonniers, sitôt tiré de son coma éthylique m'avait appris la légende d'une boisson bleutée au goût savoureux, qui serait issue d'une planète loin à l'est galactique. Ce monde indépendant, situé au-delà des frontières des systèmes fermés, serait de surcroît une démocratie, menacée par l'INNER honni. Elle avait pour nom Oldée.

Par Citoyen Kpascal - 1/1/1970 à 1:00
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