La Companie de Sindar
Peu avant le départ dans l'espace, la discussion était tendue au sein de la communauté elfe, en début de séance.
- Nous sommes encore bien peu à nous être décidés à partir vers les étoiles..- Et ces humains, peut-on vraiment leur faire confiance? est-ce une bonne idée de nous retrouver à l'intérieur d'une guilde gouvernée par des hommes?
- Souvenez-vous que certains hommes ont pourtant accompli des hauts faits, valant largement nos meilleurs exploits.
- Les humains ne sont pas comme nous, nous ne pouvons pas juger les hommes d'après le jugement d'un seul homme. Révisez votre opinion!
La conversation continua ainsi jusqu'à l'arrivée de Beren.
- Ca suffit comme ça dit-il. Que croyez-vous donc? Que de leur côté ils nous vénèrent comme des dieux? Certains sont déjà irrités, croyant que les Elfes se prennent pour le centre du monde, et ma foi, je ne leur donne pas entièrement tort. C'est vrai que nos cultures sont fort différentes, mais n'oubliez-pas que notre temps est passé. Toutes les belles choses que nous avions créées, et qui faisaient l'envie de tous il y a bien longtemps, n'existent plus. Le temps des humains a commencé. Depuis des millénaires. D'ailleurs, je ne suis pas certain que ce soit le destin qui nous ai fait survivre aussi longtemps sur la Terre, mais peut-être simplement un coup de chance. Alors ne soyez pas trop prompts à juger autrui, pour ne pas être jugés vous-même.
Un Elfe Moriquendi, la caste des Elfes de la Nuit, se leva. Habillé des ombre, ses yeux luisaient d'une flamme bleue glaciale dans la pénombre: -Moi je ne leur ferai jamais confiance. Nous, les Moriquendi, avons toujours agi ainsi, et continuerons à le faire.
Une voix tonna dans la grande salle: - Alors il te faut renoncer dès maintenant à rester avec nous si telle est ta véritable pensée!
Le nouvel arrivant était un Elfe de haute stature, habillé de vert et d'or. Nuls autres que les Elfes connaissaient son vrai nom mais il avait pris un nom d'humain le temps de la Quête, Grafmax. Tout le monde vit dès le premier coup d'oeil que c'était un Elfe de Lumière, un Calaquendi, encore plus extraverti que ceux de sa caste, ce qui n'est pas peu dire...
- J'ai connu beaucoup d'humains vaillants, reprit-il, et au moins autant dignes de confiances que vous, les Moriquendi, toujours en retrait du monde réel! Je sais que vous êtes d'extraordinaires guerriers, même parmi les Elfes, mais un peu plus de confiance en d'autres que vous-même ne vous ferait pas de mal!
Le guerrier Moriquendi ne répondit pas, mais une lueur encore plus froide apparut dans ses yeux. Ce fut au tour d'Ayor de parler. C'était un Elfe Sindarin, caste dont la particularité était la discrétion, et même l'imperceptibilité s'ils le désiraient. Nombre d'entre eux avaient été utilisés comme éclaireurs pendant les grandes guerres des temps anciens. Habillé de gris, son manteau avait le pouvoir de le rendre très peu visible par des yeux autres que ceux des Elfes.
- Je pense que Grafmax a raison. C'est bien d'être solidaires entre nous, mais nos alliés sont des hommes vaillants et au coeur pur. Et vous verrez que d'ici peu, nous rechercherons même leur présence, comme celle d'amis de longue date.
Beren se tourna vers Eärendil; - et toi, qui représente les Laiquendi, les Elfes verts, qu'en penses-tu?
Le Laiquendi, qui comme tous ceux de sa caste, avait un talent de diplomate très au-dessus de la moyenne, n'avait pas encore prononcé un seul mot.- Je pense que nous devons fidélité à Res Publica, dit-il, et je dirai même que nous nous devons d'être dignes de l'accueil que nous ont réservés la plupart de ses citoyens. Nous qui connaissons mal les humains, avons besoin d'être épaulés. Et je vous rappelle qu'ils nous ont accueilli sans autre but que la diversité culturelle, alors qu'ils nous permettent à nous, de mieux nous intégrer au monde des hommes. Et je sais que beaucoup d'entre vous ont été surpris de leur bonté et de leur gentillesse vis-à-vis de nous. Oubliez les temps anciens! Les hommes deRes Publica sont d'une trempe extraordinaire, et je sais que nous ne regretterons jamais de nous être alliés avec eux. Nous allons arriver bientôt dans un univers en guerre, et je sais qu'après quelques combats, eux-aussi seront contents de nous avoir auprès d'eux, même s'ils ne le savent pas encore. Ensemble! Ensemble, Elfes et Humains, nous pourrons faire de grandes choses, vous verrez!
La lueur glaciale et inquiétante dans les yeux du guerrier Moriquendi disparut, et il prit la parole avec un léger sourire: - Bien, mes paroles ont été dures, et je les retire, Eärendil. Mais sache que j'attends de voir en pratique si leur vaillance au combat égale la nôtre.
- Soit, répondit Beren, mais n'oublies pas qu'eux aussi auront les yeux fixés sur toi pour voir si ta vaillance au combat égale ta vaillance en paroles.
La séance fut levée, et les Elfes retournèrent à leurs préparatifs, pour le grand voyage qui allait commencer dans quelques semaines.
Aurélianus, Ayor, Beren, Earendil, Galadriel, Grafmax