Vie des Nobles.
Igor Feris rentra dans ses appartements exténué mais heureux. Le soir, les nobles qui possédaient un Manoir pouvait se reposer un peu sans craindre les attentats ou autres crimes qui écumaient les rangs des Sans-Manoir. La période de tranquillité durait six heures : beaucoup de nobles dormaient, mais les plus hauts placés préféraient préparer des plans de pouvoir ou de nouvelles armes, des poisons plus virulent que ceux du voisin
Igor faisant partie des nobles hauts placés préféra s'occuper de sa vie personnelle plutôt que de dormir bêtement, alors qu'il pouvait somnoler pendant les congrès importants et les divers meetings.
Il coda d'abord sa porte, ce qui permettait à personne d'autre de l'ouvrir que lui. De toute façon, l'intrusion dans un Manoir pendant la période de repos était le pire crime et puni de mort par crucifixion aux murs de la capitale. Puis, il prit un bain, en prenant bien soin de laisser un petit laser à côté de lui et la tête suffisamment hors de l'eau pour pouvoir réagir vite en cas d'intervention de la part des autres. Après, il prit un repas succinct avant de se jeter sur sa « table de travail ». Il prépara les poisons pour le lendemain, chercha de nouvelles formules avec de nouveaux ingrédients, chargea toutes ses armes, bidouilla encore son laser pour lui permettre d'atteindre la puissance maximale (ce qui était bien sur totalement illégal). Après, il prépara les messages pour le lendemain, les lettres de calomnie, les ordonnances, les laissez-passer et vérifia la liste de nom dite « blanche » de ses futures victimes (il barra au passage celles du jour). Enfin, il vérifia sa cuirasse en kevlar modifié et prépara les missions urgentes du lendemain. En l'occurrence, il s'agissait d'une ballade en ville : armes lourdes, armure complète vitrifiée
Il regarda la pendule style préhistorique avec un coucou dedans : il avait encore deux bonnes heures devant lui. Il entra alors sur le système de la capitale pour voir les avances de ses concurrents : certains nobles avaient en effet la malheureuse habitude de laisser traîner leurs notes sur écran. Il se connecta successivement à tous les postes des notables et des hauts fonctionnaires. La nouveau Grand Patriarche devenait puissant, et il n'avait pas encore son code d'accès. Igor se blâma pour son inattention et appela immédiatement les personnes qu'il fallait pour obtenir ce genre de renseignements moyennent quelques milliards de crédits, ou mieux un peu de considération de la part d'un Grand. Il effaça ensuite toutes les données non nécessaires après les avoir soigneusement mémorisées (il était entraîné spécialement pour pouvoir ingurgiter et ressortir une grande quantité de données), crypta soigneusement ce qui était absolument nécessaire, vérifia que personne n'était connecté sur son écran, puis il dégoupilla une grenade à fission et la cala sous le rebord de son écran. Le dernier crétin qui avait essayé de s'emparer d'informations qu'il détenait faisait aujourd'hui des tours autour de la station, comme tous les autres cadavres durcis par le froid et qui servait éventuellement de cible d'exercice aux canonniers. Puis, il fit un peu de gymnastique, des étirements et des enchaînements de combats, avant de sonner une hôtesse. L'Empereur avait rapidement découvert que pour que les nobles ne soient pas trop dérangeants, et pour qu'ils soit bine dans leur peau, il suffisait d'intégrer dans leur chambre une petit bouton additionnel pour qu'à tout moment ils puissent appeler à eux un compagnon formée par les meilleurs spécialistes pour le bien du corps. Hôte était un métier difficile et risqué: non seulement il fallait s'abaisser à faire tout ce que l'on vous demandait, mais encore la mortalité était plus élevée que partout ailleurs. Jadis les Hôtes étaient recrutés dans la rue, contre l'assurance d'un salaire de rêve et la proximité des puissants, puis les commérages aidant on était maintenant obligés de faire des rafles continuelles dans les écoles et les universités. Igor regarda la femme nue qui essayait désespérément d'avoir l'air le plus attirant possible. Il la fit mettre au milieu de la pièce, verrouilla la porte et se banda les yeux avec un morceau de soie noire. Puis d'un geste souple, il saisi son laser à la ceinture, tourna quatre fois sur lui même et dit d'une voix monocorde: "j'imagine que vous avez comprit le jeu que vous allez subir". Il se détendit, tous les sens en alerte, il sentait la peur panique de la jeune femme, elle hurla, avant de comprendre qu'elle s'était fait démasqué. Igor se tourna rapidement dans la direction du cri, pointa son laser pour l'aligne pile là où devait se trouver le centre du front et tira. Le trait d'énergie vert jailli de l'arme avec un petit "fuit" et une odeur d'ozone, il traversa la pièce à la vitesse du son et alla s'écraser avec un chuintement métallique contre la paroi blindée du mur. Diable pensa Igor, cela va être intéressant! Ses oreilles fouillait l'espace comme un radar, guettant le plic immuable de la goutte de sueur qui allait tomber sur le carrelage froid. La jeune femme était terrorisée, à peine 3 mètres du fou avec les yeux bandés. Tout à coup, les molécules d'eau chargées de sel et d'autres exteréments commencèrent à s'assembler au niveau des pores de son front, à la base des cheveux. Soudain, une centaine de pores à la fois firent jaillirent l'eau accumulée, et une fine goutte que quelques microgramme parcouru lentement la surface de peau immaculée du front, passa entre les deux yeux, emprunta le passage étroit de l'arrête du nez avant de se stabiliser, à moitié dans le vide. Ne pas éternuer. Ne surtout pas se gratter. La jeune femme bougea lentement la tête afin de chasser cette gêne, et la goutte se détacha du nez sans bruit. Elle parcouru le chemin qui la séparait de la dalle de marbre en moins d'une seconde. Une onde de choc minime se forma à la surface de la dalle, la goutte s'affaissa tout d'abord avant de former un cercle parfait, et des microgoutellettes se dispersèrent un peu partout autour. Plic. La main du tireur s'étendit, la fille se mi à courir, mais la main était accrochée, Igor fit de brèves corrections en fonction de la respiration, et attendit patiemment un bruit de nez plus fort que les autre. Les poumons de la fille se gonflèrent, immanquablement, ses muscles avaient besoin d'oxygène. Ils se dégonflèrent lentement, l'air arriva avec un bruit de tonnerre à travers la trachée et sorti par le nez dans un souffle qui allait être mortel. Le doigt de Fenris effleura simplement la détente, le trait vert se forma et vint cette fois ci s'écraser à la pointe du nez. Il rentra sans encombre dans la peau tendre, traversa le cartilage nasal et entra dans le cerveau en ayant encore pratiquement toute sa vitesse. La chaleur et l'énergie concentrée du rayon fit fondre les tissus nerveux du cervelet, et le trait ressorti de l'autre côté après avoir traversé la boite crânienne, juste au dessus de la jonction avec la colonne vertébrale. Blink. Il avait touché le mur. Igor enleva le bandeau, et contempla son œuvre avant d'appeler les équipes de nettoyages. Il se changea ensuite, fit dans sa tête le bilan de la journée, déposa son laser sous son buste et éteignit la lumière. Un champ de force maintiendrait la sécurité de son lit, et plusieurs alarmes étaient dispersées partout. Demain, il ferait mieux pensa t il, demain il toucherai la narine gauche

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