Bavard mais pas trop mal

Texte

D'un côté, j'ai bien aimé l'Échiquier du mal, d'un autre, Endymion? m'a quelque peu agacé. Ilium, lui se situe un peu entre les deux. On a droit à trois histoires en parallèle, la première se situe pendant une guerre de Troie mythique, supervisée par des professeurs du XXème siècle qui font le compte rendu des évènements, rescussités et détenus contre leur gré par des dieux colériques et capricieux. Cette première histoire est plutôt intéressante et ne souffre pas trop d'incohérences (certains personnages ont tout de même des comportements schyzophréniques). Une deuxième histoire raconte les aventures d'humains frivoles, style la machine à voyager dans le temps, qui se retrouvent lancés dans une quête. Là on nage plus dans l'invraisemblable, avec une accumulation d'explications foireuses et moults bavardages répétitifs (un des personnages est au courant de plein de choses et on a droit à des dialogues du style : - Ce Bloutchmork est un vrai petit Hitler. - C'est quoi un Bloutchmork ? - Je t'expliquerai plus tard air mystérieux - Et Hitler ? - Peu importe, petit Éloï). De plus le style quête et héros malgré lui est un peu ennuyeux. La troisième histoire met en scène des robots vaguement cyborg (ils ne sont donc pas froid et dénués d'âme comme tous les 100% IA, évidemment) qui se lancent dans de longs discours portant soit sur Proust et Shakspeare (je sais jamais comment ça s'écrit), soit sur des articles de vulgarisation scientifique mal compris.

Bon donc pour résumer, ce bouquin est beaucoup trop long. Il y a de bonnes idées et les passages sur Troie sont agréables mais il y a toute une soupe de délires pseudo-scientifiques où le mot « quantique » remplace « magie » et « trou noir » remplace « abracadabra. » Dan Simmons ferait mieux de faire preuve de modestie et d'éviter de longuement discourir de choses dont il ne comprend pas un traitre mot. En amputant également les passages répétitifs et verbeux, on doit pouvoir réduire le livre de moitié, ce qui aurait permi sans doute de caser l'ensemble du récit dans les pages imparties (hé oui, parce que ce n'est que le premier tome).

Notez également que cette histoire fait suite à une nouvelle parue dans Destination 3001, ce qui explique (mais n'excuse pas) l'excessive accumulation de délires, de néologismes et de créatures bizarres aux noms empruntés à gauche à droite (et en particulier dans Shakespeare, à croire que Dan Simmons ne connaît que ça).

Bon en résumé, c'est un peu une redite d'Hypérion (on retrouve l'histoire d'espace temps qui risque de se fissurer, pitoyable métaphore sur l'écologie), et c'est sympa, sans plus.

Roman
Ilium
Par Végassien Sidoine - 11/9/2004 à 18:40 - modifié le 11/9/2004 à 19:04 par Sidoine
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